samedi 7 juin 2008

Saint-Estèphe Château Pomys

Un vignoble de 12 ha, avec une moyenne d’âge des vignes de 25 ans (60% de Cabernet-Sauvignon, 30% de Merlot et 10% de Cabernet franc, vendanges manuelles et vieillissement en fûts de chêne durant 12 à 18 mois). Savoureux Saint-Estèphe 2005, de belle matière, un vin de couleur soutenue, au nez puissant de cassis et de sous-bois, très dense, aux tanins veloutés et soyeux, de très bonne charpente. Le 2004, aux notes de cassis, de pruneau et d’épices, racé et coloré, aux tanins riches et savoureux, un vin ferme et charpenté, tout en bouche. Le 2003, aux notes de cerise bien mûre et de sous-bois, de belle robe intense, très équilibré au nez comme en bouche, allie charpente et rondeur, de très bonne évolution.

Château POMYS
(SAINT-ESTÈPHE)
Mr Arnaud
Leyssac
33180 Saint-Estèphe
Téléphone :05 56 59 32 26
Télécopie : 05 56 59 35 24
Email : pomys@orange.fr
Ou : www.chateaupomys.com

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jeudi 5 juin 2008

Château Toulouze

Domaine de 48 ha dont 25 de vignes. On se fait vraiment plaisir avec leur Graves de Vayres rouge 2005 (75% Merlot et 25% Cabernets), de robe soutenue, au nez très expressif de fruits, de bouche charnue, très équilibrée entre puissance et fraîcheur. Beau 2004, d’une couleur profonde, très riche et subtil à la fois, avec des tanins soyeux, une très belle finale en bouche, d’excellente évolution. Le 2003 a un nez puissant et subtil à la fois, aux notes de fruits mûrs (cassis, griotte), un vin qui commence à peine à se fondre. Goûtez le Bordeaux Supérieur Vieilles Vignes Château Le Maine Martin 2005 (65% Merlot, 35% Cabernets), un vin au nez de petits fruits cuits, alliant puissance et souplesse, de robe grenat soutenu, très aromatique en bouche, aux tanins très équilibrés.

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vendredi 16 mai 2008

Lussac-Saint-Émilion Château Chéreau

Au sommet avec ce Lussac-Saint-Émilion 2005, aux tanins fins et présents, riche et parfumé en bouche, bien marqué par son terroir, avec ces notes subtiles de pruneau confit, alliant structure et velouté en bouche, ample et gras. Le 2004 est riche au nez comme en bouche, aux nuances délicates de fraise des bois, d’épices et d’humus, aux tanins très équilibrés et savoureux, de très bonne garde. Le 2003 est classique et puissant, fin, élégant, avec de la matière, de belle couleur soutenue, aux arômes de fruits rouges intenses, d’une jolie finale. Belle cuvée L’Égérie du Château Chéreau 2004, riche en arômes, d’une belle structure avec beaucoup d’élégance, aux notes de fruits, de cannelle et d’humus, très équilibrée au nez comme en bouche, de garde comme son Montagne-Saint-Émilion Château Vieux Moulin de Chéreau. Goûtez le Pomerol Domaine de la Pointe 2004, où le Merlot s’exprime pleinement, un vin aux senteurs de cassis, de mûre, de violette et de truffe, de bouche suave, avec une finale généreusement fruitée.

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Saint-Georges-Saint-Émilion Château Troquart

Un vignoble de 5,5 ha qui bénéficie d’une exposition très favorable grâce à l’orientation sud-ouest de ses coteaux argilo-calcaires (70% Merlot, 20% Cabernet franc et Cabernet-Sauvignon, 10% Malbec). Beau Saint-Georges-Saint-Émilion 2005, très bien élevé 12 mois en fûts de chêne, de robe grenat brillant, un vin de bouche souple, où s’entremêlent les saveurs de sous-bois et de fruits surmûris, aux tanins présents et savoureux à la fois. Le 2004, médaille d’Argent au Concours des Vignerons Indépendants, au bouquet subtil où dominent le pruneau et les épices, associe souplesse et structure. La cuvée Auguste 2004 est très réussie, d’un beau rouge profond, aux arômes de fruits rouges mûrs avec des notes épicées et légèrement toastées, de bouche riche et longue avec des tanins fondus, de garde.

Château TROQUART
(SAINT-GEORGES-SAINT-ÉMILION)
Jean-Guy et Étienne Grégoire
"Troquart"
33570 Montagne
Téléphone :05 57 74 62 45
Télécopie : 05 57 74 56 20
Email : chateautroquart@aliceadsl.fr

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mardi 13 mai 2008

Château Mazeris-Bellevue

Jacques Bussier (4e génération et qui porte le même prénom), conduit avec passion les 11 ha de vignes, secondé par sa fille Diane qui continue la tradition familiale tout en adoptant des méthodes de culture modernes (désherbage par brûlage, apport d’engrais organiques par enherbement). Les vendanges sont manuelles, la vinification traditionnelle à l’ancienne en cuves ciment closes. Les cuvaisons sont longues, les vins sont ensuite élevés en cuves souterraines et en barriques de chêne anciennes. Le tout donne ce remarquable Canon-Fronsac 2005 (50 % Cabernet-Sauvignon, 40 % Merlot, le reste en Malbec), riche et généreux, ferme, à dominante de pruneau, de cannelle, avec des tanins soyeux, bien charpenté, de bouche fondue où se mêlent la griotte et l’humus, très réussi. Le 2004 est charnu, tout en nuances aromatiques, de robe soutenue, aux tanins puissants, au nez complexe où dominent les fruits mûrs, le cuir et la groseille. Le 2003 est de belle couleur grenat, intense, corsé, velouté, avec des notes subtiles de sous-bois et de truffe, aux tanins fermes mais souples, un vin puissant et chaleureux. Excellent 2002, de couleur pourpre, au nez mariant les fruits mûrs et les épices, d’une complexité certaine en bouche, un vin intense, avec de l’étoffe et de l’élégance, un cru qui allie richesse et finesse. Le 2001 est dense, tout en nuances aromatiques, de robe soutenue, où dominent la fraise des bois mûre et l’humus, un vin très bien élevé et prometteur. Le 2000, aux notes de cassis et de framboise, aux tanins ronds et présents, est tout en bouche, bien charnu comme il se doit. Nombreuses récompenses obtenues et méritées.

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samedi 26 avril 2008

Graves Château Magneau

Propriété familiale de 40 ha. Particulièrement apprécié leur Graves rouge 2004, de belle charpente, ample et riche, charnu en bouche, tout en subtilité, un beau vin qui allie finesse aromatique et des tanins puissants et soyeux à la fois, au nez où s'entremêlent des notes d’épices et de fruits rouges macérés. Très savoureux 2003, de belle robe pourpre soutenu, aux notes de framboise et de cannelle, d’une grande harmonie, très parfumé, séveux, généreux et persistant en bouche, à déboucher sur un magret. Le Graves blanc cuvée Julien, issu d’un assemblage sélectif, d’une vinification en barriques, parfumé (pomme, citron, tilleul), associe la fraîcheur à l’élégance, de robe pâle, brillante et limpide, de bouche souple.

Château MAGNEAU
(GRAVES)
Henri Ardurats
33650 La Brède
Téléphone :05 56 20 20 57
Télécopie : 05 56 20 39 95
Email : ardurats@chateau-magneau.com
Ou : www.chateau-magneau.com

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mercredi 23 avril 2008

Château de Lugagnac

“Les gens sont très surpris de la qualité du 2004, nous dit François-Thomas Bon. Il a été décrié alors qu’il est très élégant avec beaucoup de finesse, d’une belle complexité en bouche, harmonieux, aux arômes de violette et d’épices.
- 2005 : ce vin me fait penser au Lugagnac 1989, un grand millésime chez nous, avec beaucoup de structure, une belle fermeté tannique, d’un potentiel exceptionnel, un peu fermé au début mais, après quelques années de bouteilles, il réservera de grands moments de plaisir. Nous avons eu un article très élogieux dans un quotidien américain et nos ventes ont triplé à l’export vers les États-Unis, la Nouvelle-Zélande et Australie.
- 2006 : une belle structure dans la lignée du 2005, un vin d’une grande élégance, peut-être plus flatteur, à déguster avant le 2005, qui lui, sera encore fermé un an ou deux. Sa capacité de garde est plus modeste que le 2005. On est séduit par sa grande complexité aromatique (pruneau confit, fruits très mûrs tels que cassis, framboise). Grande concentration, beaucoup plus que le 2004. Sa structure me fait penser au 1996, avec un peu plus de tanins.
2007 : j’ai été surpris par sa qualité, belle couleur, beaucoup d’arômes de fruits, de finesse, peut-être un peu moins de structure. Nous avons beaucoup de vignes en haute densité (+ 35%) qui entrent dans la production ainsi que des Petits Verdots fabuleux en 2007, je vais même en replanter ! Ce millésime est très souple, très accessible, soutenu par une structure honorable, un vin très aromatique, qui plaira. Dès le printemps, nous avons beaucoup surveillé l’évolution, tout fait pour mettre en concurrence les vignes, pour que la plante souffre plus. Nous avons obtenu des grappes moyennes avec des baies pas très grosses, notre rendement se situe à 46hl/ha.”

Château de LUGAGNAC
(BORDEAUX SUPÉRIEUR)
Famille Bon
33790 Pellegrue
Téléphone :05 56 61 30 60
Télécopie : 05 56 61 38 48
Email : chateaudelugagnac@vinsdusiecle.com
Site : www.vinsdusiecle.com/chateaudelugagnac

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Millesimes

jeudi 17 avril 2008

Les millésimes २००५ et २००४ du Château Luchey-Halde

“La particularité du millésime 2004, précise le chaleureux Directeur, Jean Magne, est que nous avons pu introduire 10% de Petit Verdot, et c’est exceptionnel. Les conditions climatiques de l’été 2004, où se sont alternées les belles périodes d’ensoleillement et d’humidité, ont favorisé le mûrissement des raisins. Nous avons récolté une qualité exceptionnelle de Petit Verdot et nous en avons profité car ce cépage était parfaitement mûr, nous l’avons donc privilégié lors des assemblages. C’est très rare d’introduire 10% de Petit Verdot, c’est en général un cépage capricieux, qui se trouve en quantité minime habituellement; c’est bien dommage car le Petit Verdot développe des arômes tout à fait particuliers qui apportent beaucoup de complexité aromatique et de couleur aux vins. Les proportions pour le 2004 sont de 55% de Cabernet-Sauvignons, 10% Petit Verdot et le reste en Merlot. Pour ce millésime, nous avons beaucoup gagné en complexité, avec une structure tannique qui s’intensifie, des arômes de griotte, de cassis, de mûre, de sous-bois, caractéristiques de notre terroir, un vin d’une belle robe rouge sombre, un millésime en progression par rapport aux 2002 et 2003.

Le 2005 est un millésime où tous les cépages sont exceptionnels, que ce soit le Merlot, le Cabernet-Sauvignon, le Cabernet franc particulièrement, qui ont une élégance tout à fait extraordinaire. C’est un millésime aussi parfaitement réussi en blanc, c’est l’année où tout est bon, où tous les cépages étaient à leur apogée. Tous les cépages seront présents dans l’assemblage du premier vin, nous aurons du mal à faire un second vin, tellement c’est bon ! ”

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Millesimes

jeudi 3 janvier 2008

Pigeonneau rosé au vin de Bordeaux

Une recette de mon ami Claude Darroze

4 pigeonneaux de grain,
6 cuillères d'huile d'arachide,
40g de beurre, 8 échalotes,
1/2 litre de Bordeaux rouge (Graves),
4 cuillères d'Armagnac,
50g de foie gras, sel, poivre.

Nettoyez et videz les pigeonneaux en réservant le foie. Barde-les et bridez-les en les salant un peu. Ajoutez l'huile, colorez sur feu vif et passez au four 10 mn. Tenez-les au chaud. Faites rissoler les échalotes hachées avec une noix de beurre, ajoutez l'Armagnac et le vin, laissez réduire. Découpez les ailes et les cuisses et placez-les dans un plat de service. Tenir au chaud. Hachez finement le foie avec le foie gras et le beurre pour obtenir une farce. Passez votre réduction au chinois et liez la sauce avec la farce.

Nappez les pigeonneaux de cette sauce au moment de servir, et mettez autour du plat les champignons sautés.

* Claude Darroze
95, cours du Général-Leclerc, 33210 Langon

vendredi 28 décembre 2007

Les coups de cœur et le bluff

Comme en Bourgogne, on ne peut que regretter que beaucoup de crus bordelais, réputés ou non, “classés” (en 1855..., merci pour l’actualisation) ou non, “classés” à Saint-Émilion ou en “Crus Bourgeois” du Médoc (les 2 classements étant juridiquement obsolètes, ce qui la fout bien) atteignent des prix qui ne sont plus conformes au plaisir qu’ils procurent. 
J’aime les vrais vins de Bordeaux, du plus grand au plus modeste, et les consommateurs comme les producteurs savent que je défends ce qui les intéresse, et les distingue : le rapport qualité-prix-typicité. Si l’on fait un grand Margaux ou un Pomerol racé à 40 ou 80 e, il les vaut bien. Idem pour une gamme plus abordable, en Graves, dans les Satellites, les Côtes ou en Bordeaux Supérieurs, où les progrès sont exceptionnels.
En-dehors de quelques crus mythiques pour lesquels le prix n’est plus un facteur estimatif (on entre alors dans le monde du luxe), ce qui n’est pas du tout justifié aujourd’hui, et on l’a vu -hélas- avec les augmentations de prix du millésime 2005, c’est un Saint-Émilion “fardé” comme un acteur du carnaval de Venise à 80 e (voire bien plus), un “simple” Médoc à 25 e, un “bon” machin à 20 e ou un Bordeaux Supérieur ultra-barriqué à 15 e. À force de prendre les consommateurs pour des gogos (demain, les Russes ou les Chinois le comprendront aussi), certains vont s’en mordre les doigts...
Pour mémoire, il existe deux “crises” actuellement, très différentes, voire opposées, dans beaucoup de vignobles : celle, désastreuse pour ceux qui la subissent, qui touche certains viticulteurs, la plupart étant dépendants des prix trop bas du tonneau, qui ont du mal à se faire rémunérer correctement. Les causes sont complexes (un certain négoce peu solidaire parfois, une politique de plantation trop importante, des barrières étatiques…). Ils méritent d’être soutenus, et l’on fera ce que nous pouvons pour les aider. C’est une crise sociale.
L’autre crise concerne un bon nombre de vins, à Bordeaux, notamment : trop chers ou trop sensibles à la mode (“vins de garage”), trop endormis sur leurs lauriers, trop imbus d’eux-mêmes, alors que le respect des consommateurs (proposer un vrai rapport qualité-prix cohérent) est impératif. Les acheteurs se sont sentis lésés. On parle beaucoup trop d’argent, de prix, de bonnes notes glanées chez un “gourou” quelconque, et c’est ce que le consommateur retient, alors que, bien sûr, ceci ne concerne qu’une petite minorité. C’est une crise de confiance, et, en même temps, une crise d’identité, tant un bon nombre de vins ont perdu leur spécificité.
Les “primeurs” (depuis 2000, et surtout 2005 où certains crus ont sorti des prix déments et incautionnables) font des vins bien trop chers, et cela commence à créer un sérieux malaise à Bordeaux, tant il y a de différence entre 2 vins d’une même appellation. Pourquoi payer une bouteille à 50 ou 200 e quand on peut trouver du plaisir dans une bouteille 4 à 10 fois moins chère (même si, et je le sais, que les vins ne sont pas “comparables”) ? Je n’ai jamais soutenu ces vins “parvenus” qui se moquent bien du marché français (et de ses consommateurs). Je ne suis pas non plus intéressé par les vins “confiturés”, sans âme ni vertu, qui font tort à la grande spécificité bordelaise. Pour faire ces “vins”, on récolte des raisins surmaturés, on concentre à outrance (avec des concentrateurs) lors des vinifications, on met le tout dans des barriques où le bois peut, sur demande auprès des tonneliers, vous donner le goût que vous recherchez (de la vanille, du sirop, de la confiture…), et on vous sert un vin à la limite de l’écœurement, noir comme de l’encre, gras comme de l’huile et parfumé comme votre bureau en bois.
Si les vins du Médoc (le dernier Classement “Officiel” des Crus Bourgeois est passé à la trappe sur le plan juridique, comme celui de Saint-Émilion, et on le comprend) sont réputés, ce n’est pas pour être des vins intouchables à cause de leur prix ou “putassiers”, ces vins ou micro-cuvées qui n’existent que pour rafler de bonnes notes à des concours et ne correspondent plus à la grande tradition médocaine. Ces pratiques sont une honte pour la majorité des grands vins de la région, qui sont des vins fermés dans leur jeunesse, typés par leur terroir, et qui demandent d’évoluer dans le temps pour s’exprimer, en fonction de chaque millésime, respectant ainsi la nature. La force du terroir est la base de tout. Les autres sont sans intérêt, et les prix sont souvent déments.
À Pomerol, il y a des vins splendides, très typés par le Merlot qui se plaît à merveille dans ces territoires diversifiés. Il faut noter que, les exceptions et les excès confirmant la règle, les vins bénéficient d’un rapport qualité-prix-typicité justifié par la rareté comme par la convivialité et l’amour du vin.
À Saint-Émilion, on revient dans les histoires de clochers, et à beaucoup trop de frime. Outre un Classement “officiel” qui fait plutôt sourire, faisant “monter” certains crus pour le moins incongrument et discréditant d’autres (Guadet, Faurie, Cadet-Bon, Lamarzelle, Petit Faurie de Soutard, La Tour du Pin Figeac...) qui ne le méritent vraiment pas (le Classement est d’ailleurs annulé par un jugement actuellement), on ne peut aussi qu’être déçu par des vins totalement “fabriqués”, vinifiés par ceux qui croient avoir la “science infuse” et veulent nous faire croire qu’en mettant un vin “200 % en barriques neuves” ou en multipliant les manipulations œnologiques, les concentrations et des “essais”, on sait faire du vin ! Ceux-là se moquent des amateurs et des autres vignerons de l’appellation que nous défendons,qui savent très bien s’il faut mettre 10 %, 20 %, 30 %, 50 % de leurs vins en barriques neuves, ou moins, ou plus, selon la force du millésime et la structure du vin. On ne fait du bon vin, et a fortiori un grand cru, que sur des terroirs propices, de la “crasse de fer” aux argiles profondes, assortis de dépôts marins ou d’alios. Gare à certains prix, totalement injustifiés.
Les meilleurs vins de Montagne, Puisseguin, Lussac ou Saint-Georges se retrouvent dans le Classement des “Satellites” de Saint-Émilion, et proviennent de terroirs spécifiques, limitrophes ou rapprochables d’autres sols d’appellations plus prestigieuses, ce qui leur permet de devenir de grands vins à part entière.
Bien que certains tentent de les mélanger, les deux appellations Canon-Fronsac et Fronsac partagent à la fois des différences et des similitudes. Là aussi, des vins sont surcotés et beaucoup plus marqués par leurs vinifications que par un terroir.
Pour les Graves, il existe une variété importante de styles de vins. Cela va des crus réellement (et historiquement) exceptionnels, issus des territoires de Pessac, Martillac ou Léognan, mais aussi ceux de Podensac ou Portets, certains d’entre eux, dans les appellations Pessac-Léognan (quelques-unes des plus belles bouteilles de la région dans les millésimes 2005 et 2004) comme dans celle des Graves, bénéficiant d’un remarquable rapport qualité-prix-plaisir, d’autres crus atteignant des prix difficilement cautionnables. C’est évidemment le berceau des grands vins blancs de la région bordelaise.
Dans les appellations de Côtes, qui se cherchent toujours, il s’agit de choisir entre les vins typés comme nous les aimons, et d’autres cuvées très spéciales, dépersonnalisées (à ne pas confondre avec les cuvées de prestige retenues), faisant la part belle à des vinifications trop sophistiquées, peu propices à mettre un terroir en avant, s’il existe.
Dans les Bordeaux Supérieurs, les progrès sont constants depuis plus de dix ans, et, loin de la démence des prix de certains autres “cuvées Spéciales”, on savoure de nombreux vins remarquables pour leur rapport qualité-prix-plaisir. La plupart des propriétaires retenus élèvent aussi de jolis Bordeaux blancs qui ont du mal à se faire une image.
À Sauternes (et Barsac), l’équilibre géologique et climatique de la région en fait un milieu naturel idéal pour cette fascinante biologie qu’est le Botrytis cinerea. L’appellation a connu une série de millésimes très différents, du plus exceptionnel (2004, 2001, 99…) au plus difficile (2002). Attention au passerillage, qui n’a rien à voir avec le Botrytis...
En liquoreux, les appellations situées face à Sauternes, recèlent des vins onctueux, qui ont du mal à se faire un nom, pourtant d’un très bon rapport qualité-prix-plaisir.
Mes Classements 2008 sont la garantie de ne pas vous faire avoir. Gare au bluff, donc.

mardi 13 novembre 2007

Cultura

J'aime bien ces boutiques (je suis un assidu de celle de Bègles, l'accueil et le choix sont remarquables) et mon Guide y est particulièrement bien représenté. Pas de quoi hésiter, donc.
Voir : LE GUIDE DUSSERT-GERBER DES VINS DE FRANCE 2008 - achat en ligne : Cultura.com

Coup de cœur pour le Château Pavillon

Incontestablement au sommet. Viviane et Alain Fertal, chaleureux et passionnés, peuvent se targuer de collectionner les récompenses pour leurs 2 crus, qu’ils élèvent avec un talent indéniable et ont hissé dans le peloton de tête des grands liquoreux. Le vignoble s’étend sur 10 ha, sur un sol argilo-calcaire (Sémillon, Sauvignon et Muscadelle, âge moyen des vignes 50 ans). Superbe Loupiac Château Les Roques 2004, de belle robe brillante, avec des nuances de fruits macérés et de narcisse, très onctueux en bouche, de lente évolution. Beau 2003, aux senteurs persistantes, avec des notes de fruits confits et de rose, gras, un vin qui demande un peu de patience. Le 2002 est une vraie réussite, bouche suave, tout en subtilité d’arômes, de belle teinte dorée, aux nuances de fruits bien mûrs, avec des notes de tilleul et d’abricot. Superbe 2001, très classique, d’une belle robe dorée avec un nez de fruits secs grillés, complexe et très gras en bouche, avec un boisé bien fondu, parfait à déguster à l’apéritif. Le 99 est remarquable, d’une très belle couleur, aux arômes de fruits blancs et de genêt, avec en bouche des notes subtiles de pain d’épices et de rose, d’une grande persistance, associant charme et puissance. Leur Sainte-Croix-du-Mont Château du Pavillon est dans la lignée, très parfumé, au nez à dominante d’acacia et de pain grillé, avec des notes de fleurs et de fruits mûrs en bouche, d’une grande fraîcheur, d’une longue finale.

Les prix cohérents ou déments des Margaux

Les fidèles de mes sites et Guides savent que je défends toujours le rapport qualité-prix-plaisir allié à une typicité réelle marquée par les terroirs (quand il y en a un...). Je vous renvoie à mon Classement et à une certaine éthique qui m'est chère. Hélas, 3 fois hélas, il y a des surcotations incautionnables dans les prix de certains vins.

Prenons l'appellation Margaux que je connais particulièrement bien (voir : Twenga et le comparatif des prix des châteaux pour le millésime 2003, une page que vous devriez mettre en mémoire), et précisons d'abord 3 points :

- Dans cette appellation (voir mes coups de cœur), 1 seul vin est mythique, c'est bien sûr le Château Margaux. C'est incontestablement l'un des plus grands vins rouges du monde et la démence du prix peut être admise si l'on s'en réfère au monde du luxe. Passons, donc, même s'il est regrettable d'avoir eu des hausses aussi importantes sur ce vin, et notamment sur le second vin, qui était beaucoup plus accessible autrefois. Ce qui est indécent, ce sont les différences de prix. On se contenterait largement (c'est un hasard mais ce sont les sites de mon ami Jean-François Moueix) des 950 € la bouteille demandés chez ChateauNet (la demi-bouteille est à 742,85 € chez 1855, totalement unjustifié), mais pourquoi mettre 80 € de plus chez Lavinia (1029 €) ou même 1.055 € chez Primeurs Bordeaux.

Avec ces 80 € économisés, autant s'acheter, toujours chez ChateauNet, l'exceptionnel Pavillon Rouge à seulement 70 € (30% de moins que chez Wine and Co ! ).

- Il y a des vins racés et d'un potentiel de vieillissement exceptionnels, que je "suis" depuis 30 ans, très abordables : Rauzan-Segla, Brane-Cantenac, Rauzan-Gassies, Desmirail, La Galiane (un cadeau pour une vingtaine d'euros, comme Charmant à 28,50 €). Ces vins sont souvent "oubliés" par mes confrères (américains ?) au mépris de tout bon sens ou pour d'obscures raisons... (certaines ne sont pas aussi obscures que cela).

L'avantage, c'est qu'ils bénéficient de prix particulièrement attractifs. Une cinquantaine d'euros pour un Brane ou un Rauzan-Segla (49 € chez ChateauNet), c'est justifié (pratiquement le même prix à 41 € chez 1855 pour Issan me laisse sceptique alors qu'on le trouve à 29 € chez ChateauNet...). Le Château Martinens à 16 €, c'est une affaire. Siran est également très abordable. Malescot à une soixantaine d'euros (62,90 €) me semble aussi beaucoup plus cohérent (c'est un très grand vin, remarquablement maîtrisé par Jean-Luc Züger, un vin que je "suis" depuis le début et qui évolue très bien) que Giscours à 53,40 € chez le même fournisseur ou qu'un Labégorce-Zédé à 32,50 € (le double que Martinens, je vous laisse comparer les 2 en débouchant les bouteilles).

- Il y a des prix absoluments déments : 480 € pour Lascombes (presque 10 fois plus que Brane !!!), on croit rêver. Qui a fait ce prix, en fonction de quoi, d'une bonne note chez Parker ? On remarquera que ce vin n'est même pas proposé chez ChateauNet ou même chez ChateauPrimeur, l'autre site du groupe Duclot, qui est la vraie "température" des prix réels des grands crus de Bordeaux...

Un autre exemple, toujours selon les cavistes du Net : c'est un cru éliminé de mon Guide :

- Château Kirwan 2003 chez Vins Discount : 89 € la bouteille (vendu par 6). On peut se demander s'ils connaissent vraiment la traduction du mot "discount"...

- Château Kirwan 2003 chez 1855 : 53 € la bouteille (et 19,90 € de livraison...)

- Château Kirwan 2003 chez Elzevir : 58 € la bouteille (et 21 € de livraison...)

On en rit ou on en pleure ?

Voir, pour les liens directs